FIGURES BENEDICTINES
du mois de juillet
4 Juillet : LE BIENHEUREUX GUILLAUME,
Abbé d'Hirsau en Bavière.
Ancien moine de Saint-Emmeran de Ratisbonne, Guillaume fut appelé à
reprendre l'abbaye d'Hirsau fondée en Forêt-Noire par les comtes
de Calw à l'instigation du Pape Léon IX. Il établit une
vie monastique très stricte, guidée par les coutumes inspirées
de celles de Cluny et introduites par Ulrich de Zell. Il voulut dégager
son abbaye de toute influence laïque et lui faire accorder l'exemption
"privilège d'Hirsau". Sa réforme servit de modèle
à un grand nombre de monastères d'Empire (une centaine) dans la
partie occidentale de l'Allemagne, mais ne donna lieu à aucun groupement
organisé, chaque maison demeurant indépendante. Il meurt le 4
juillet 1091.
10 Juillet : St ULRICH, moine de
Cluny, puis Prieur de Zell près de Fribourg-en-Brisgau (Allemagne).
Né à Ratisbonne vers 1018, d'origine noble, Ulrich est introduit
très jeune à la cour de l'Empereur Henri le Noir. Ensuite, il
est ordonné diacre par son oncle l'évêque de Freising. Puis,
après un pèlerinage en Terre Sainte, suivi d'un séjour
à Rome, il revêt l'habit monastique à Cluny en 1052. L'Abbé
Hugues le Grand le fait ordonner prêtre et le nomme confesseur de la communauté.
Bientôt, il est envoyé dans les régions germaniques pour
diverses fondations monastiques. Revenu à Cluny en 1080, il est chargé
d'une nouvelle fondation. En 1087, il s'établit à Zell dans la
Forêt-Noire. Là, sur la demande de son ami Guillaume d'Hirsau,
il rédige le célèbre coutumier de Cluny. En 1091, devenu
complètement aveugle, il s'adonne à l'oraison et à la psalmodie.
Ne voulant pas revenir à Cluny, il meurt à Zell le 14 juillet
1093. Sa fête est fixée au 10 juillet à Cluny.
11 Juillet : SOLENNITE DE ST BENOIT
"Patron de l'Europe".
St Benoît a été proclamé "Patron de l'Europe"
par l'Église, pour avoir contribué à la civilisation chrétienne
de l'Occident par la diffusion de sa Règle et le rayonnement des monastères
bénédictins " écoles au service du Seigneur ".
Le 24 octobre 1964, au Mont Cassin, le Pape Paul VI s'exprimait ainsi: "artisan
d'unité, maître de civilisation, avant tout héraut du Christ
et fondateur de la vie monastique en Occident, Benoît, avec ses fils,
a apporté le progrès chrétien à l'Europe par la
croix, le livre et la charrue."
D'après une tradition ancienne, on fête jadis en ce jour la translation
des reliques de St Benoît, rapportées au VIIème ou au VIIIème
siècle du monastère du Mont Cassin à celui de Fleury-sur-Loire
(St Benoît-sur-Loire).
12 Juillet : ST LEON DE LUCQUES, Abbé
du monastère de la Ste Trinité de Cava près de Naples.
Léon entre à Cava peu après la fondation de cette abbaye
par St Alfère. Avant de mourir en 1050, celui-ci le désigne pour
lui succéder. Un seigneur voisin troubla les débuts de son abbatiat
et le retint captif quelque temps. En revanche, d'autres seigneurs le comblèrent
de dons, ce qui n'empêchait pas l'Abbé d'aller ramasser du bois
dans la montagne et de le vendre au profit des pauvres. Bientôt, il confia
sa charge à un moine d'élite nommé Pierre qui était
allé se former à la discipline monastique auprès de St
Hugues de Cluny. Mais l'ancien Abbé dut revenir seconder son trop rude
successeur et apaiser les religieux mécontents de se voir imposer les
observances de Cluny. Ils finirent par les adopter et le Pape Grégoire
VII adressa au nouvel Abbé une bulle créant l'Ordre de Cava. Léon
mourut le 12 juillet 1079, et, dès sa mort, on l'honora comme un saint.
Le Pape Léon XIII confirma ce culte.
18 Juillet: ST BRUNO DE SEGNl, évêque de Ségni et Abbé
du Mont Cassin.
Né à Soleria près d'Asti dans le Piémont, vers 1049,
Bruno étudie au monastère bénédictin de Bologne.
Ordonné prêtre à Sienne et remarqué au Synode de
Latran (1079) par le Pape Grégoire VII, il est élu évêque
de Segni et ordonné par le Pape lui-même. Bientôt, il accompagne
en 1095 le Pape Urbain II dans sa tournée pastorale en France, puis entre
au Mont Cassin comme moine (1102) dont il devient l'Abbé en 1107 sans
abandonner ses fonctions épiscopales. Mais, sans tarder, il se heurte
au Pape Pascal II à propos des concessions faites par celui-ci à
l'Empereur Henri V d'Allemagne. Le Pape lui enlève alors sa charge abbatiale
et le relègue dans son évêché. C'est là qu'il
meurt le 18 juillet 1123. On lui attribue de nombreux commentaires de la Bible,
des homélies et des traités liturgiques.
19 Juillet : St AMBROISE AUTPERT Abbé
du monastère St Vincent du Vulturne dans le Bénévent en
Italie du Sud.
Né en Provence, moine à St Vincent du Vulturne où il est
ordonné prêtre, Ambroise Autpert en devient l'Abbé en 777.
Or, en 774, Charlemagne avait vaincu les Lombards, mais non soumis le duché
de Bénévent. L'élection d'Ambroise Autpert aggrava les
dissensions entre moines francs et lombards. C'est pourquoi, à la fin
de 778, il doit laisser le monastère au lombard Pothone et se réfugier
à Spolète en Ombrie. Convoqué à Rome par Charlemagne,
il meurt pendant le voyage, peut-être assassiné, en 784. Ecrivain
très goûté au Moyen-Age, il composa quelques commentaires
sur l'Ecriture Sainte, notamment sur l'Apocalypse (son uvre principale),
également des homélies marquées d'une évidente empreinte
mystique et des vies de saints.
29 Juillet : LE BIENHEUREUX URBAIN II, ancien
moine de Cluny.
Eudes de Châtillon appartenait à une famille noble de Champagne.
D'abord élève de St Bruno à Reims, il entre à Cluny
vers 1070. Il y devient grand prieur. Mais, à la demande du Pape Grégoire
VII, il est tiré de sa retraite et nommé Cardinal-évêque
d'Ostie. A la mort du Pape Victor III, il est élu en 1088 au siège
pontifical sous le nom d'Urbain II. Par sa finesse d'esprit et son sens politique,
il parvient à faire progresser la réforme grégorienne et,
à l'occasion du concile de Clermont (18-28 Novembre 1095), il lance l'appel
à la croisade pour la récupération des Lieux Saints. Fidèle
à son origine chevaleresque et champenoise, il impose également
à la chrétienté la trêve de Dieu. Il meurt à
Rome le 29 juillet 1099.