Le
silence |  |
Silence
et accompagnement
Dans le cadre de mon activité d'accompagnement
des personnes en deuil ou en fin de vie, j'ai rencontré différents
silences. Certains étaient lourds, difficiles à vivre ; d'autres
interrogateurs ou incertains, comme si la réflexion avait besoin de cet
espace pour être partagée. D'autres se sont avérés
être des silences liés au refus, au rejet ou à la distance
nécessaire pour se protéger ; d'autres encore ont été
de grands moments de partage, de rencontre, d'échanges même... certains
encore ont été des temps de pause, une respiration ; et certains
un moyen de partager la solitude, de vivre ensemble un moment de difficulté
ou d'apaisement. Dans certains de ces silences je me suis sentie si proche de
l'autre que j'avais le sentiment de le comprendre au-delà des mots... Le
regard, les mots, le silence, autant de moyens de se reconnaître et de se
rencontrer. Le silence est donc riche et nous offre une palette d'expressions
qu'il nous appartient de décoder. Souvent, dans l'accompagnement, le silence
fait peur, dérange, interroge l'accompagnant sur la pertinence de sa présence,
mais si on sait l'apprivoiser, le voir pour ce qu'il est, c'est-à-dire
une communication, une rencontre, alors il fait partie du dialogue singulier avec
une personne en souffrance. Combien de fois ai-je expérimenté
la douceur d'un silence partagé, sans autre projet que d'être là,
proche de l'autre, en relation avec cet autre qui ne demandait rien de plus que
de ne pas être seul. Les grandes douleurs sont muettes, dit-on, et quand
ce silence se vit dans la solitude, il prend souvent une densité difficile
à traverser. C'est le propos de l'accompagnement que d'être présent
là où la souffrance se fait difficile à vivre, que ce soit
dans un partage de parole ou dans un silence porteur de sens.Cependant,
être présent, être à l'écoute, c'est aussi faire
silence en soi. C'est taire, le temps de l'écoute, nos jugements, commentaires,
attentes et tout ce que nous disent nos émotions. Ainsi décrit,
le silence peut sembler être une notion purement négative, en termes
d'absence de mot ou de parole. Mais, en réalité, ce n'est pas de
ce silence-là dont il est question. Il s'agit au contraire d'un état
de disponibilité intérieure, qui permet toute communication, même
non verbale, avec ce qui nous entoure. Se taire mentalement quand l'autre parle,
c'est souvent mieux comprendre ce qu'il veut dire, et même ce qu'il ne dit
pas. C'est lire au travers des mots et des silences, c'est communiquer plus profondément
avec lui. Dans notre approche, développer cette attitude d'esprit passe
par la pratique méditative, mais nous y reviendrons plus tard. Le
silence du Bouddha
Que dit la tradition bouddhiste du silence
? Dans un premier temps, j'aborderai, au travers d'une histoire, ce qui est souvent
nommé " le silence du Bouddha ".Un jour que le Bouddha
était assis à l'ombre d'un arbre dans une forêt proche de
Bénarès, un homme, nommé Vacchagotta, s'approche de lui et
lui demande : " Vénérable Bouddha, le soi existe-t-il ? "
Le Bouddha reste silencieux. " Alors, le soi n'existe pas ? " insiste
Vacchagotta. Le Bouddha reste toujours silencieux. Vacchagotta patiente un temps,
puis se lève et s'en va. Après son départ, Ananda, un proche
disciple du Bouddha, lui demande pourquoi il n'a pas répondu à ces
questions. Le Bouddha lui répond : " Si j'avais répondu
qu'il y a un soi, cela aurait pu entraîner Vacchagotta dans l'extrême
de l'éternalisme. Et si, à sa deuxième question, je lui avais
répondu que le soi n'existe pas, cela aurait pu l'entraîner dans
l'extrême du nihilisme ! " La raison pour laquelle le Bouddha est
resté silencieux a plusieurs aspects. Comme nous allons le voir, le Bouddha
est resté silencieux pour plusieurs raisons. Dans un premier temps, il
connaissait bien Vacchagotta, et avait eu de multiples occasions d'entendre ses
nombreux questionnements, celui-ci était même réputé
pour cela ! Il savait donc où il en était de sa compréhension
de l'enseignement. Or, cette question sur l'existence ou la non-existence d'un
soi, est un des aspects de l'enseignement les plus difficiles à comprendre
et à intégrer. Donc, lui dire que le soi existait ou lui dire qu'il
n'existait pas, aurait pu l'entraîner dans de fausses compréhensions.
La raison pour laquelle le Bouddha est resté silencieux devrait
être plus claire si nous prenons en considération la façon
dont il traitait les questions et les interrogateurs. Il faut savoir que le Bouddha
ne répondait pas aux questions posées, mais à la personne
qui posait la question. Du fait de sa réalisation et donc de sa capacité
à connaître les besoins des êtres, la réponse était
adaptée à cette personne, à ce moment-là de son cheminement.
Le Bouddha était un instructeur plein de compassion et de sagesse et il
ne répondait pas aux questions pour montrer son intelligence et sa connaissance,
mais pour aider celui qui le questionnait dans la voie de la libération.
Il parlait toujours à ses auditeurs en ayant à l'esprit leur niveau
de développement, leurs tendances, leur tournure d'esprit, leur caractère
et leur aptitude à comprendre un sujet particulier. D'après le
Bouddha, il y a quatre façons de traiter les questions : 1. à
certaines, on doit répondre directement ; 2. à d'autres, on doit
répondre de façon à les analyser ; 3. à d'autres
encore, on doit répondre par des contre questions ; 4. et enfin, il
y a des questions que l'on doit laisser de côté. Mais il peut
y avoir plusieurs manières de laisser de côté une question.
L'une est de dire qu'une question particulière n'a pas de réponse
ou d'explication, comme fit le Bouddha à l'égard de ce même
Vacchagotta à plus d'une occasion. Mais il ne pouvait pas agir ainsi en
ce qui concerne la question de savoir s'il y a un soi ou non, parce qu'il avait
souvent enseigné à ce sujet ( on ne dit guère " enseigner
une question au sens " d'interrogation "). Il ne pouvait pas dire :
" Il y a un soi ", parce que cela était contraire à sa
connaissance que tous les phénomènes sont sans soi et il ne voulait
pas dire " Il n'y a pas de soi ", parce que cela aurait, sans nécessité
et sans raison, rendu plus troublé et confus le malheureux Vacchagotta
qui n'était pas alors en mesure de comprendre cet aspect du Dharma. Donc,
laisser de côté cette question en restant silencieux était
le moyen le plus sage d'agir dans ce cas particulier. Le silence du Bouddha semble
avoir eu plus d'effet sur Vacchagotta que toute autre discussion ou réponse
éloquente, ainsi que l'attestent plusieurs soutras. Ceci est un premier
aspect du silence tel que rencontré dans la tradition bouddhiste. Aujourd'hui
encore, cette façon de " répondre " aux questions mais
surtout aux interrogateurs est utilisée par les maîtres et les enseignants.Silence
et méditation
Le chemin bouddhique passe par la "
méditation ". Ce terme est un peu insatisfaisant... En tibétain,
ce qui a été traduit par " méditation " se dit
notamment gom, et la traduction la plus approchante est sans doute " entraînement
". Il s'agit en fait d'entraîner son esprit à se rencontrer
dans ses fonctionnements. Méditer, c'est utiliser l'esprit pour rencontrer
l'esprit dans ce qu'il est. Méditer, ce n'est pas " faire " quelque
chose, en réalité c'est " ne rien faire ". Et " ne
rien faire ", contrairement aux apparences, c'est simple, mais ce n'est pas
facile tant nous sommes habitués à faire, à penser, à
nous agiter... Quand nous disons " méditer ", qu'est-ce que
cela signifie ? Nous avons coutume de penser que méditer c'est réfléchir,
mais la réflexion est une autre phase de la pratique. D'autres moments
sont voués à la réflexion. Nous pouvons penser que méditer,
c'est avoir des expériences. Mais ce n'est pas non plus de cela dont il
s'agit. Chercher à vivre des expériences dans la méditation
est le meilleur moyen d'être tendu et d'être bloqué dans une
impasse ! Nous pensons également que méditer, c'est faire le
vide. Mais faire le vide dans l'esprit est quelque chose qui n'a ni sens ni raison
d'être, puisque la conscience est créative. L'esprit est créatif.
Vouloir le bloquer, faire en sorte que rien ne s'y passe génère
au contraire de la tension. Il serait aussi stupide de vouloir arrêter les
pensées que de vouloir empêcher le soleil de se lever ou la terre
de tourner ! Alors quand on dit " méditer ", de quoi s'agit-il
? D'une part de se détendre et d'autre part, d'accueillir ce qui s'élève,
ce qui prend place dans l'esprit, sans le rejeter, ni le bloquer, ni le suivre.
C'est l'attitude de la voie du milieu : ne pas fermer l'esprit, ne pas non plus
se laisser emporter par lui. Méditer c'est être en silence, c'est
entrer dans le silence, c'est apaiser le bruit intérieur. Le
silence extérieur
Il est enseigné dans les textes
que, pour favoriser l'entrée en méditation, il est important dans
un premier temps de s'isoler physiquement du bruit et de tout lieu de distraction.
En effet, pour un débutant, les activités distrayantes sont difficiles
à lâcher, et choisir un lieu favorable à la méditation
facilite les débuts de cette pratique. " Le silence a pour fonction
principale de favoriser l'émergence de l'absorption méditative ",
disait Gampopa, un grand maître tibétain du 11e siècle. L'idée
est de consacrer une partie de son habitation à la pratique, que ce soit
un coin de sa chambre ou d'une autre pièce ou, si c'est possible, une pièce
tranquille, un lieu que l'on s'appliquera à préserver de l'agitation
et du bruit. Toutefois, si le bruit extérieur est lié à
l'environnement, ceci ne doit pas être un obstacle non plus. Ce n'est pas
tellement le bruit qui est dérangeant, c'est ce que l'on en fait ! C'est
la façon dont j'entre en relation avec le bruit qui devient ou non obstacle
à la méditation. Si je m'impatiente parce que les voisins sont bruyants
ou si la circulation est trop dense à l'heure où je pratique, c'est
moi qui génère l'obstacle et non le contraire ! C'est parce que
je saisis cette situation comme perturbante, qu'elle le devient, alors que si
j'accepte ce paramètre, il est alors un élément de la situation,
on pourrait dire qu'il fait partie du décor... Et, comme disait Chögyam
Trungpa, un maître tibétain contemporain qui a essentiellement enseigné
aux États-Unis, " ce n'est pas parce que l'on médite qu'il
faut arrêter la circulation ! " Il est vrai qu'au Tibet la démarche
consistait à se retirer dans la montagne au creux d'une grotte, loin des
lieux habités, pour y parcourir les différents degrés de
la pratique méditative. Aujourd'hui, en Occident, cela semble plus difficile
à réaliser... Donc, pour un débutant, il s'agit de s'installer
préférentiellement dans un lieu où le silence peut être
préservé. Plus tard, lorsqu'une certaine stabilité sera acquise,
l'environnement pourra être tout autre. Il était même d'usage
qu'un méditant confirmé s'installe dans un lieu public pour éprouver
sa stabilité au milieu de l'agitation et du bruit. Ainsi l'histoire
de ce yogi indien qui, certain d'avoir atteint une grande stabilité méditative,
va voir son maître de méditation et lui fait part de sa réalisation.
Celui-ci lui dit d'aller maintenant pratiquer sur la place du marché.(
Or, celui qui connaît les marchés asiatiques sait l'agitation et
le bruit qui y règnent !) Voilà donc notre yogi installé
au milieu de la foule et il ne lui a pas fallu longtemps pour se rendre compte
qu'il pouvait continuer à cultiver la stabilité ! Ce qu'il a fait,
et comme les histoires finissent souvent bien, il a fini par réaliser la
nature véritable de l'esprit et donc par s'ouvrir à l'éveil. Le
silence intérieur
Pour reprendre ce que je disais précédemment,
méditer c'est " ne rien faire ". Au fond, c'est simple, il s'agit
de s'asseoir et de ne rien faire. Mais ne rien faire n'entre pas dans nos habitudes
! Il suffit de faire silence pour rencontrer tout le bruit intérieur !!!
Les pensées, les émotions, les sensations... tout ceci nous agite
en permanence, sans que nous nous en rendions vraiment compte. Bien souvent,
les débutants ont le sentiment que plus ils méditent, plus il y
a de pensées et d'émotions ! Ce n'est pas qu'il y en a davantage,
c'est qu'ils les voient mieux ! Parce que, quand on regarde, on voit, et méditer
ce n'est rien d'autre, dans un premier temps, que regarder encore et encore les
mouvements de l'esprit, pour les laisser d'eux-mêmes se dissiper. C'est
être comme un enfant qui, entrant dans un temple tibétain, par exemple,
regarde béat les couleurs éclatantes, les multiples statues et objets
de culte, sans en évaluer ni la valeur, ni la destination. C'est ainsi
que nous devrions être devant nos pensées : juste les voir pour ce
qu'elles sont - un mouvement dans l'esprit -, sans s'attacher ni au sens ni à
une quelconque valeur. Une pensée malveillante et une pensée altruiste
ont le même statut dans le cadre de la méditation, ce ne sont que
des pensées, des mouvements à accueillir, sans les rejeter ni les
suivre.Pourquoi cultiver ce silence intérieur ? Il est important,
là, de revenir au sens même du mot méditation, gom en tibétain.
Comme je le signalais, la traduction la plus précise est " entraînement
". S'entraîner à quoi ? Pour mieux comprendre cette pratique,
il est nécessaire de clarifier le sens de l'enseignement et son but. La
première fois que le Bouddha a partagé son expérience du
chemin, il a enseigné ce qui est appelé " les Quatre Vérités
des Êtres Nobles ", c'est-à-dire la vérité de
la souffrance, son origine, la possibilité de s'en libérer et le
chemin pour y parvenir. L'origine de la souffrance est notre fonctionnement
égocentrique, basé sur une vision tronquée, partielle, de
la réalité, qui génère émotions et souffrance.
Afin de ne plus être soumis à cette souffrance, il s'agit, dans un
premier temps, de ne plus être fasciné par nos émotions, parce
qu'elles nous amènent à agir de façon erronée. Erronée,
dans ce contexte, signifie qui génère de la souffrance. En effet,
nous n'abordons pas nos actions en termes de " bien " ou de " mal
", mais en considérant leurs conséquences, qu'elles soient
" bénéfiques " ou " négatives ", en fonction
de ce qu'elles génèrent, du bonheur ou de la souffrance. Comment
s'établit notre rapport au monde ? C'est une approche qui pourrait paraître
simpliste, mais qui, à bien y regarder, est profonde, et facile à
observer. Dans toutes les situations de notre vie, nous pouvons résumer
notre relation au monde et aux autres en termes de " j'aime ", "
j'aime pas ", " je ne vois pas ". Sans cesse, nous essayons d'attirer
à nous ce qui nous convient, ce qui nous conforte, nous rassure, et sans
cesse nous tentons de repousser ce qui nous perturbe, nous dérange, nous
agresse. A cela s'ajoute tout ce que nous ne voyons pas, mais qui conditionne
quand même notre vision. Sans cesse, notre esprit est agité par ces
mouvements de sauvegarde d'un territoire on ne peut plus aléatoire et instable.
D'un moment à l'autre, nous pouvons passer de la plus grande détente
au plus grand stress, en fonction des événements, de nos attentes,
de nos projections, etc. La méditation est donc un entraînement
à repérer ces mouvements, afin de nous en libérer et d'acquérir
une stabilité qui, associée au développement du discernement,
nous permettra d'être plus réellement en relation avec la situation,
sans être perturbé par notre vision émotionnelle. Dans
un premier temps, il s'agit donc de regarder, encore et encore, et de s'entraîner
à ne pas suivre le discours des émotions et des pensées.
Ainsi, petit à petit, le silence intérieur prend place. Si on
laisse tranquillement reposer dans un verre de l'eau mêlée à
de la terre, naturellement la boue se dépose au fond et l'eau retrouve
sa limpidité. De la même manière, lorsque l'agitation mentale
cesse, naturellement l'esprit devient clair. Pour ce faire, deux alliés
importants : la détente et la vigilance. Se détendre paraît
souvent une entreprise difficile, tant nous sommes habitués à être
tendus et préoccupés par nos diverses activités. Prenons
un exemple qui nous donnera le goût de ce que signifie se détendre.
Vous avez terminé votre journée de travail, le repas est terminé
et les enfants couchés, toutes les tâches sont accomplies, vous vous
abandonnez alors dans votre fauteuil, le corps au repos et l'esprit tranquille.
C'est de ce type de détente dont il est question. Une détente qui
naturellement délie, dénoue les liens par lesquels nous sommes emprisonnés. Cette
détente mène au silence intérieur, et entrer en silence,
c'est déjà méditer ! Au fil du temps, une stabilité
sera acquise et permettra d'aller vers d'autres types de méditations qui,
alliées à l'éthique, à l'étude et à
l'intégration de la vision bouddhiste, révèleront notre nature
profonde, la nature de Bouddha. Ce qui me semble important de préciser,
c'est la place du silence dans notre approche. En aucun cas, le silence n'est
un but, il est un moyen pour aller vers plus de clarté, vers plus de compassion
et de discernement. Il s'agit en fait de cultiver un silence fertile, un silence
bienveillant et ouvert aux autres. S'ouvrir à tous les êtres
induit la capacité de se libérer de ce qui nous entrave, ce qui
nous retient dans la souffrance et la confusion. En cela, le silence est une rencontre
au plus intime de nous-mêmes, une rencontre de l'esprit avec lui-même,
qui, sur base d'une compréhension juste de sa véritable nature,
amène, petit à petit, à reconnaître sa dimension ultime.
Mais, ainsi que nous le disent les êtres qui nous ont précédés
sur le chemin, il n'y a rien à forcer, rien à vouloir. Juste s'ouvrir,
avec douceur et bienveillance. Poème
de Lama Guendune Rinpoché, le maître réalisé qui est
à l'origine de notre centre.
Le bonheur ne se trouve
pas avec beaucoup d'effort et de volonté mais réside là,
tout près, dans la détente et l'abandon. Ne t'inquiète
pas, il n'y a rien à faire. Tout ce qui s'élève dans l'esprit
n'a aucune importance parce qu'il n'a aucune réalité. Ne t'y
attache pas. Ne te juge pas. Laisse le jeu se faire tout seul, s'élever
et retomber, sans rien changer, et tout s'évanouit et commence à
nouveau, sans cesse. Seule cette recherche du bonheur nous empêche de
le voir. C'est comme un arc-en-ciel qu'on poursuit sans jamais le rattraper. Parce
qu'il n'existe pas, qu'il a toujours été là et t'accompagne
à chaque instant. Ne crois pas à la réalité des
expériences bonnes ou mauvaises, elles sont comme des arcs-en-ciel. A
vouloir saisir l'insaisissable, on s'épuise en vain. Dès lors
qu'on relâche cette saisie, l'espace est là, ouvert, hospitalier
et confortable. Alors, profites-en. Tout est à toi, déjà.
Ne cherche plus. Ne va pas chercher dans la jungle inextricable l'éléphant
qui est tranquillement à la maison. Rien à faire. Rien à
forcer. Rien à vouloir. Et tout s'accomplit spontanément...Anila
Trinlé |