Conférence
de Mgr Dagens donnée à Paris aux Editions du Cerf, le 8 Avril 2008,
à l'occasion de la parution de son dernier livre :
MÉDITATION
SUR L'ÉGLISE CATHOLIQUE EN France : LIBRE ET PRÉSENTE MÉDITATION
SUR L'ÉGLISE CATHOLIQUE EN France : LIBRE ET PRÉSENTE Des
références, des signes, des appels.
J'ai d'abord un double remerciement à adresser aux Éditions du Cerf
et à ses responsables, le Père Éric de CLERMONT-TONNERRE
et le Père Nicolas-Jean SÈD. Merci d'avoir accueilli sans hésiter
ce nouveau livre, en faisant le pari qu'il ne répèterait pas le
précédent sur " La nouveauté chrétienne dans
la société française ", paru en 2005. Merci d'avoir
cru à l'importance de ce livre dont j'ai maintenant à rendre compte
à ma manière, non pas en vous en présentant une analyse,
mais en essayant de vous dire où se trouvent les sources de cette "Méditation
sur l'Église catholique en France ", et quels appels elle comporte
pour un renouveau de notre conscience chrétienne dans ces temps d'incertitude.
I- DES RÉFÉRENCES
1
- Je n'ai pas à le cacher, mais plutôt à le reconnaître
avec fierté, j'ai connu le Père de LUBAC et je relis souvent tel
ou tel chapitre de sa grande "Méditation Sur l'Église"
dans l'exemplaire qu'il m'avait dédicacé lui-même en 1985.
En particulier les passages où cet homme d'Église, cet ami des Pères
de l'Église, d'Origène à Augustin et à Grégoire
le Grand, témoigne de sa passion pour le Christ et pour le Corps vivant
du Christ, surtout si ce Corps est blessé ou si nous-mêmes sommes
blessés par ce qui l'atteint parfois très profondément. Vous
verrez, dans le second chapitre de mon livre, comment j'évoque, à
ma manière d'évêque, d'apôtre du Christ, mes raisons
de souffrir par l'Église et pour l'Église, surtout lorsque je constate
qu'elle se laisse déterminer par des critères extérieurs
à la foi, au lieu de puiser sa force dans le mystère pascal. "Le
connaître, Lui, le Seigneur, avec la puissance de sa résurrection,
et la communion à ses souffrances " (Phil. 3, 10) : je n'hésite
pas, comme le Père de LUBAC, à prendre à mon compte ces paroles
passionnées de l'apôtre Paul aux chrétiens de Philippes, qu'il
aimait tant. Car nous devons dire à quel niveau s'inscrivent en nous ces
épreuves du ministère apostolique. Et c'est la raison majeure de
ce livre de témoignage. Je l'ai écrit l'été dernier,
chez des bénédictines amies du pays basque, je l'ai achevé
à Angoulême au milieu de mes activités pastorales, marquées
notamment par des rencontres avec de nombreux jeunes à qui j'ai donné
le sacrement de confirmation et aussi par plusieurs ordinations diaconales de
séminaristes, qui seront prêtres dans quelques mois. Et je n'ai pas
hésité à dédier cette Méditation à mes
frères évêques de l'Église catholique en France, parce
qu'il me paraît clair que nous connaissons tous les mêmes épreuves
et que nous pouvons donc porter le même témoignage sur l'Église
actuelle des apôtres, libre et présente dans notre société.
2 - Mais si je m'interroge davantage, je dois avouer que cette Méditation
vient de plus loin et que j'ai aujourd'hui la liberté de le reconnaître.
Bien entendu, vous ne serez pas surpris si j'évoque alors la "Lettre
aux catholiques de France ", dont j'estime qu'elle demande toujours à
être reçue telle qu'elle a été pensée et voulue
: non pas comme la proposition d'une stratégie pastorale, mais comme l'appel
à une expérience spirituelle radicale, qui vient de l'Évangile
et spécialement de la première mission confiée par Jésus
à Simon -Pierre: " Duc in altum " (Luc 5, 4), c'est-à-dire
" Avance en eau profonde" et " Va au large ". Il me semble
que nous n'avons pas encore compris suffisamment que les temps actuels nous obligent
à relier ces deux dimensions constitutives de la mission chrétienne,
la profondeur de la foi qui nous plonge dans le mystère pascal de Jésus
Christ, et la largeur de l'évangélisation, qui fait de nous des
chrétiens, des catholiques, situés et envoyés pour témoigner
du Christ au milieu de tous.
3 - Et c'est alors que je dois mentionner
quelqu'un qui est pour moi, comme pour d'autres, bien plus qu'une référence,
un témoin vivant, présent, ardent des exigences actuelles de l'évangélisation.
Et de l'évangélisation ordinaire (voyez mon quatrième chapitre),
c'est-à-dire de cette rencontre et de cette jonction entre la Révélation
chrétienne de Dieu et nos attentes humaines, celles de chacun de nous,
et celles de notre société. Ce témoin ardent, c'est Madeleine
DELBRÊL, cette périgourdine devenue assistante sociale à Ivry
et qui a compris que "le temps d'aujourd'hui est le temps de notre foi ",
et que des milieux athées ou indifférents peuvent devenir "des
circonstances favorables pour notre propre conversion ". Autrement dit, il
ne s'agit pas de se lamenter, en regrettant l'époque de Louis XIV ou de
Mac Mahon, et encore moins de chercher des coupables, que l'on trouvera facilement
du côté des évêques ou des prêtres. Il s'agit
de devenir vraiment chrétiens dans notre société postchrétienne,
et même de pratiquer un " véritable civisme chrétien
", comme nous y incite le philosophe Marcel GAUCHET, parce que lui aussi
comprend que des chances nouvelles s'offrent aujourd'hui aux institutions religieuses,
et spécialement à l'Église catholique en France, si elles
veulent bien, si elles apprennent à déployer sans crainte les ressources
qu'elles portent en elles.
II-
DES RESSOURCES ET DES SIGNES
1 - En parlant des ressources,
je ne peux pas m'empêcher de penser à cette confidence d'un ami très
cher, qui m'écrivait, il y a quelque temps, qu'à ses yeux, l'Église
catholique en France était comme " un immense réservoir d'énergies
inemployées ". Ce jugement critique a été pour moi un
élément déclencheur. Je peux comprendre cette impression
devant des situations réelles d'usure, de sclérose, de fatigue incontestable.
Mais je ne peux pas me résigner, surtout quand je reçois du philosophe
Jean-Louis CHRÉTIEN, trop peu connu dans les milieux catholiques, ces superbes
affirmations concernant ce " Corps infatigable" qu'est le Corps du Christ
: " S'il Y a de l'infatigable, et un infatigable réel et incarné,
il faut qu'il y ait un corps infatigable. De toute évidence, nul corps
individuel, dans les conditions présentes, ne l'est, ni ne peut l'être
... Où donc est le corps, le corps humain, en qui l'amour est effectivement
infatigable? " (Jean-Louis CHRÉTIEN, De la fatigue, éd. de
Minuit, Paris, 1996, p.162).
2 - Ma joie d'évêque, au
milieu des épreuves du ministère apostolique, est d'être témoin
de cet amour infatigable qui passe par le Corps parfois réellement fatigué
de notre Église et de nous-mêmes, ses ministres et ses membres. C'est
cela aussi qui justifie ce livre : je devais témoigner non seulement de
mes souffrances, mais aussi de ces signes très réels et même
très sensibles du travail infatigable de Dieu au sein du peuple des baptisés,
et même, plus largement, à l'intérieur de notre société
en panne d'espérance. Pardonnez-moi de rabâcher, en mettant une
fois de plus ces signes en relief, et en expliquant qu'ils passent par des personnes,
des enfants, des jeunes, des adultes, qui sont aujourd'hui, par rapport à
la Révélation chrétienne, non pas en état de refus,
mais souvent en état d'ignorance, et souvent aussi en état d'attente
et de découverte. Ce sont des enfants qui demandent d'eux-mêmes
à être catéchisés, alors que leurs parents n'ont ni
racines, ni mémoire chrétiennes. Et l'on peut deviner que l'initiation
chrétienne de ces enfants aura des suites, non seulement pour eux, mais
pour leurs pères et leurs mères. Comme le disait l'autre jour une
religieuse, catéchiste dans un doyenné rural de Charente limousine
(c'était en fait une intention de prière) : " Seigneur, tu
ne nous donnes pas ce que nous te demandons : nous te demandons des catéchistes,
et tu nous envoies des mamans qui demandent à être catéchisées
". Ce sont là des bourgeons au milieu des branches mortes de l'Eglise.
Le savons-nous assez et voulons-nous le savoir et le voir ? Il y a parmi
nous des enfants et des jeunes qui vivent de leur baptême comme d'une source.
J'étais ces jours derniers à Lourdes, avec 800 jeunes de mon diocèse,
collégiens et lycéens. Dimanche matin, après la messe à
la Cité Saint Pierre, j'ai donné une catéchèse sur
le thème de ce pèlerinage : "La gloire de Dieu, c'est l'homme
vivant ". Ensuite, il y eut du temps pour le sacrement du pardon. Si vous
saviez ! Ces enfants et ces jeunes parlent alors d'eux-mêmes et de leurs
familles: ils savent qu'être chrétiens et devenir chrétiens,
c'est un acte de liberté personnelle, et non pas de conformisme social.
C'est à nous de comprendre que l'on ne peut pas se lamenter sur l'absence
des jeunes dans nos communautés, si nous n'apprenons pas nous- mêmes
à vivre le mystère et la mission de l'Église sous le signe
de ce qui commence et de ce qui chemine, et non pas de ce qui survit, et encore
moins de ce qui disparaît. Et j'aime évoquer alors, parce que
c'est aussi la réalité, ces jeunes couples qui veulent "se
marier à l'Église" et à qui nous donnons la possibilité
de nommer leur expérience amoureuse, et de comprendre qu'elle a sa source,
et ses raisons, dans un mystère d'Alliance dont la Parole de Dieu est révélatrice.
J'atteste que la Parole de Dieu peut se mettre alors à parler de Dieu,
de sa présence, de son Amour pour ces jeunes couples qui le découvrent
pour la première fois. Voilà ce que j'appelle " l'évangélisation
ordinaire et profonde ", celle qui nous oblige à ne pas regarder les
autres comme des clients de l'Église, mais comme des signes que Dieu nous
donne, pour que nous-mêmes, nous allions plus résolument à
la source de notre mission.
Et je n'ai pas le temps d'évoquer davantage
ce que l'on appelle la "pastorale du deuil ", avec tout ce qu'elle comporte
de visites, de rencontres, et aussi de célébrations modestes, animées
par des prêtres et par des laïcs, hommes et femmes baptisés,
qui savent bien que face à l'énigme de la mort, parfois à
sa violence, ils sont ensemble des témoins du Ressuscité. Oui,
notre Église est présente dans notre société à
travers les signes ordinaires qu'elle déploie, des signes qui passent par
nos coeurs et aussi par les actes, les gestes, les paroles et les silences de
la liturgie et des sacrements. J'aime le dire et le redire parce que je le
vois et que je voudrais le voir encore davantage. Notre Église catholique
en France est en train de dépasser ces clivages si idiots auxquels nous
nous étions parfois résignés, en mettant d'un côté
la vie spirituelle et sacramentelle, et de l'autre l'action sociale et politique.
Quelle bêtise et quelle injustice !
Aujourd'hui, parce que nous
partageons les questions de vie et de mort inscrites dans notre conscience commune,
nous savons bien, nous savons davantage que ces clivages sont sans fondement.
Et il nous est donné, en allant à la source de notre foi chrétienne,
à travers la prière, la Parole de Dieu, et les sacrements de l'Église,
de déployer, à l'intérieur de notre humanité, cette
expérience spirituelle qui passe par nous et qui nous dépasse. Puisqu'elle
vient de l'Esprit Saint, et que l'Esprit Saint a toujours la même façon
de travailler, depuis l'heure de l'annonce faite à Nazareth et de la naissance
de l'Église à Jérusalem: il vient d'en haut et il agit à
l'intérieur du corps de notre humanité, de tout être humain
en attente de Vie, d'Amour et de Vérité, au milieu des réalités
de mort, de violence et de mensonge. Voilà pourquoi j'ai développé
un avant dernier chapitre intitulé : "La vie spirituelle n'est pas
un domaine réservé ". Je ne me résigne pas à
cette réduction tenace qui considère les " spirituels "
comme des exceptions ou comme des anormaux. Je plaide pour que tous les membres
du peuple de Dieu découvrent et comprennent qu'ils sont animés par
l'Esprit Saint à l'intérieur du Corps du Christ. Et je me réjouis
de ce que les abbés et les abbesses des monastères bénédictins
et trappistes de France et de Navarre s'associent au chantier ouvert par les évêques
sur " Indifférence religieuse, visibilité de l'Église
et évangélisation ". Ah ! Si nous pouvions reconnaître
davantage que nous sommes embarqués dans la même aventure spirituelle,
celle du Corps du Christ présent et vivant dans notre société
!
III - DES APPELS : POUR UN
RENOUVEAU DE NOTRE CONSCIENCE CHRÉTIENNE
J'espère
que vous l'aurez compris : ce livre a la forme d'une méditation, mais il
porte en lui des appels dont je crois qu'ils doivent et qu'ils peuvent être
entendus par beaucoup.
1 - Premier appel
: consentir à des discernements réalistes !
Discerner,
c'est regarder et voir au-delà des apparences et des appréciations
immédiates, surtout si elles se réduisent à des chiffres.
Oui, il est vrai que l'Église catholique en France est aujourd'hui
affaiblie et appauvrie, et que nous en souffrons tous. Et qu'il ne servirait à
rien de se voiler la face et d'accuser les sociologues de nous condamner au déclin
! La sociologie et l'histoire méritent le respect et nous les respectons.
Mais à une condition: que nous sachions ne pas nous contenter de cette
lecture sociologique de nos évolutions actuelles, mais que nous consentions
à faire une lecture chrétienne, osons les mots, théologique
et spirituelle de notre histoire. Cela, je l'ai appris de mon maître
Henri-Irénée MARROU, qui l'avait lui-même appris de son maître
Augustin. Oui, l'histoire des hommes est comme l'histoire de l'Église sous
le signe de la "permixtio ", c'est-à-dire d'un mélange
inextricable d'ivraie et de bon grain, de phénomènes de mort et
de signes de résurrection. De sorte que des époques de grandes
mutations historiques, de métamorphoses accélérées
peuvent être aussi des époques de renaissances profondes et d'enfantements
nouveaux. Je crois que nous vivons une époque de ce genre et c'est pourquoi
il est urgent, au milieu de ce qui disparaît, de discerner aussi ce qui
germe, et de nous demander non pas " Qui aurait les promesses de l'avenir
? Où seraient les stratégies pastorales qui permettraient de reconquérir
le terrain perdu ? ", mais " Où y-a-t-il des germes de résurrection
? Et quelles sont les personnes qui attestent parmi nous cette ouverture à
la grâce de Dieu ? ".
2 - Et c'est pourquoi - c'est
un second appel - nous avons besoin de réactualiser parmi nous,
contre vents et marées, la théologie de la grâce. La grâce
de Dieu, manifestée en Jésus Christ, opère invisiblement
et réellement la jonction mystérieuse entre ce qui vient de Dieu
et ce qui est attendu par les hommes.
Et je vous invite alors à
relire PÉGUY et sa " Note conjointe sur M. DESCARTES et la philosophie
cartésienne ". Vous y comprendrez ses raisons de dénoncer un
catholicisme "tout fait ", pétri d'habitudes et de préjugés,
et incapable de s'ouvrir à la nouveauté chrétienne, à
la grâce. " Malheur à ces honnêtes gens, à ces
honnêtes catholiques qui ne mouillent pas à la grâce, parce
qu'ils ne sont pas blessés, et qu'il n'y a en eux aucun point d'ouverture
à ce qui vient de Dieu, le 'Maître de l'Impossible' ". J'ai
appris aussi du Père CARRÉ cette attitude inlassable d'attente et
d'émerveillement devant ce qui commence et qui est donné par Dieu,
si nous-mêmes, nous acceptons non pas seulement de continuer la route, mais
de commencer chaque jour, en laissant à Dieu la liberté de nous
recréer, de nous renouveler, de nous réconcilier. Et que l'on
ne me dise pas qu'il s'agit là de formules faciles ! Le Père CARRÉ,
qui avait été aumônier des artistes, savait bien que tout
devient possible quand un être humain se sait reconnu, respecté,
aimé au-delà de ses apparences mondaines ! Ce sont comme de petites
résurrections qui s'accomplissent alors à l'intérieur de
notre humanité blessée.
3 - Un dernier mot sur ce livre
dont j'espère qu'il aura des effets de conversion. Regardez la couverture
et lisez attentivement le début du dernier chapitre : vous y verrez ces
signes de résurrection qui continuent à être parlants pour
nous, à travers 1'histoire de François d'Assise et de Simon-Pierre.
Ces signes, c'est la fameuse croix de Saint Damien, à travers laquelle
le jeune fils de riche entend un appel de Jésus qui va changer sa vie,
et c'est, au bord du lac de Tibériade, cet étonnant dialogue qui
va faire de Simon-Pierre le premier des pécheurs pardonnés. Il
se trouve que ces deux signes demeurent liés pour moi à un événement
précis : celui d'un pèlerinage personnel que j'ai voulu faire à
Assise et à Rome, au moment où je devais affronter des circonstances
pastorales éprouvantes et même très éprouvantes. J'ai
voulu aller prier François d'Assise, à Saint Damien et aussi près
de son tombeau, et, dans le même mouvement, je suis allé à
Rome sur le tombeau de Pierre, aux grottes vaticanes. J'avais besoin de recevoir
non pas des réponses, mais des signes pour faire face à l'épreuve.
Et j'ai perçu ces signes. Cette Croix du Christ, elle dit pour toujours
que l'on ne peut pas être un homme d'Église, un homme apostolique,
si l'on n'accepte pas d'entrer dans la Passion de Jésus et, en même
temps, d'être lié à son Corps actuel, à son Eglise,
qui a toujours besoin d'être reconstruite.
Quant à l'apôtre
Simon-Pierre, je l'ai retrouvé dans l'Évangile de Jean, au chapitre
21, après la mort de Jésus, alors qu'il est revenu chez lui, avec
cette impression terrible d'être condamné à une vie sans horizons,
à cause de cette brisure provoquée par la mort de Jésus et
par son propre reniement. Et ce matin là, au bord du lac, tout va renaître
: Jésus est là, il les appelle à jeter les filets, et les
filets se remplissent, et en débarquant sur le rivage, ils voient un feu
de braise et ils vont reconnaître le Seigneur lorsqu'il rompt pour eux le
pain. " Alors leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent" (Luc 24,
31) et ils savent que leur vie sera pour toujours sous le signe de cette mystérieuse
présence, c'est-à-dire sous le signe de leur faiblesse transfigurée
par la lumière et l'amour du Seigneur. Et tout commence à nouveau,
de la nouveauté même de Dieu quand nous nous ouvrons à sa
Pâque.
Voilà le mystère de l'Église ! Voilà
le mystère de l'apostolat ! Voilà ce que ce petit livre voudrait
faire apparaître pour toute l'Église catholique qui est en France,
libre et présente dans notre société, si nous acceptons de
la comprendre avec les yeux du cur, du cur éclairé par
la Pâque du Christ, notre frère !
Claude
DAGENS, évêque d'Angoulême à Paris, le 8 Avril 2008
avec l'aimable autorisation de l'auteurretour
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