un
beau chant est silence et s'achève en silence il introduit au silence
les mots n'épuisent
pas la pensée il y faut le chant qui l'évoque dans toute
son ampleur et en ouvre les perspectives infinies et le silence qui
l'accomplit le chant offre
au moine le moyen d'exprimer ce qui le dépasse et de le communiquer
dans le silencele silence
du monastère est écho du silence de la Trinité le
silence germe au cur du désir du moine et naît de sa prière
continuelle le silence du
moine est partage du silence de Dieu - et de tout Son Etre le
désordre gesticule et engendre le bruit bruit des jugements : "de
Nazareth que peut-il sortir de bon ?" bruit de la peur : "je ne
Le connais pas !" bruit des protestations oiseuses : " non, ce
a ne t'arrivera pas !" bruit de l'ardeur irréfléchie :
une oreille coupée bruit des vains regrets sur la route d'Emmaüs
: " et pourtant... " bruit de l'aveuglement : "si je ne
Le touche pas ... ! " bruit des souhaits intempestifs, sans objet : "dressons
ici trois tentes" bruit de la convoitise : " mes fils à
Ta droite et à Ta gauche ..." bruit de l'emportement juvénile
des Boanergès : " ... la foudre ... !" |